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AGORA CYBER: JEAN-MICHEL MIS

19/11/2020

AGORA CYBER: JEAN-MICHEL MIS

Interview de Monsieur Jean-Michel MIS, député de la 2ᵉ circonscription de la Loire, membre de la commission des lois de l’Assemblée nationale, Co-rapporteur de la mission d’information sur les blockchains, vice-président des groupes d’études « Cyber sécurité et souveraineté numérique », « santé et numérique » et membre du groupe d’études « Économie numérique de la donnée, de la connaissance et de l'intelligence artificielle ». Il est également co-fondateur de la Fédération française des professionnels de la blockchain.

 

Question : Monsieur le député, vous êtes très actif sur les questions de transformation numérique, de nouvelles technologies de l’information (vous êtes membres du Conseil national du numérique et de la commission supérieure du numérique et des postes, vous avez signé un rapport sur la blockchain) mais aussi de souveraineté (vous êtes vice-président de la mission d’information sur la souveraineté numérique) : Qu’est-ce qui pousse un homme de votre expérience à rejoindre et soutenir un Institut consacré à la cybersécurité et la résilience des Territoires ? 

Pendant cette si singulière crise sanitaire que nous traversons, l’utilité des outils numériques s’est imposée dans notre société. Du simple citoyen aux membres du gouvernement en passant par nous parlementaires, notre quotidien a été bouleversé par la nécessaire utilisation des nouvelles technologies de l’information et des communications (Tic) tant dans nos modes de production, de consommation, de communication, de partage, de collaboration. Tous ces changements de paradigme dans notre organisation professionnelle et « sociétale » ne sont pas sans risque dans un univers totalement connecté, de plus en plus menacé, voire menaçant.


L’activité numérique de nos économies devient donc une composante de notre compétitivité et de notre capacité à relever les défis du futur qu’ils soient technologiques ou organisationnels. Il nous faut donc participer activement à la sensibilisation de nos entreprises, de nos concitoyens mais aussi de nos élus aux enjeux de sécurité liés au développement du numérique : protection des données, fake-news, cybersécurité, intelligence artificielle…C’est en ce sens que j’ai souhaité soutenir votre Institut, qui participe tant à la fois aux réflexions qui s’imposent dans un monde tout connecté, mais aussi et surtout à la sensibilisation de tous les acteurs de nos territoires et à la mutualisation de l’information, de la veille réglementaire et technologique. 


N’oublions pas jamais que la cybersécurité est l’affaire de tous. Guillaume Poupard, directeur de l’Agence nationale de la sécurité des systèmes d’information l’a très bien résumé à l’occasion du forum international de la cybersécurité en janvier 2019 : « Tous connectés, tous impliqués, tous responsables ! »

 

Quels sont les objectifs qu’un homme de votre expérience assigne à ce nouvel outil au service des territoires, quelles sont les valeurs que vous voulez y voir appliquées ?

La transformation numérique de l’Etat et de nos collectivités territoriales afin d’améliorer l’efficacité de nos services publics et de retisser des liens avec les citoyens et les usagers est une priorité, tout comme la lutte contre la fracture numérique dans nos territoires.  Il est donc primordial que tous les acteurs de cette transformation soient accompagnés que ce soit en termes de réflexion que d’accompagnements au quotidien. Votre institut a là toute sa place. 


Les élus, à tous les échelons que ce soient, doivent se former, être sensibilisés à tous les enjeux liés au risque cyber. Quelque soit le territoire, aujourd’hui la question n’est plus de savoir si l’on sera victime d’une cyber attaque mais plutôt à quel moment.  Il nous faut donc tant à la fois faire preuve de sensibilisation, de pédagogie et de résilience. Il faut également être à l’écoute de nos territoires. Comme l’a rappelé notre Premier ministre le 15 juillet dernier à l’occasion de son discours de politique générale devant le Parlement : « La France, c’est celle des territoires avec leurs identités et leurs diversités. Nous devons faire confiance à la France de la proximité car c’est elle qui détient les leviers du sursaut collectif (..) Libérer les territoires, c’est libérer les énergies. »


Selon vous, qu’est ce qui explique le retard pris par les territoires et leurs composantes dans la prise conscience de la cybercriminalité et la mise en place de mesure et d’outils de Cybersécurité ?

La sécurité dans l’environnement numérique est une responsabilité qui nous incombe à tous : citoyens, associations, entreprises, élus comme administrations publiques. Mais, les disparités entre territoires, souvent très conséquentes, ne permettent une prise de conscience à armes égales.  Les ressources humaines et financières sont un vrai frein à cette prise de conscience. Toutes les collectivités ne peuvent pas s’offrir les compétences d’un service en ingénierie informatique !


Alors que certains territoires sont encore à demander une couverture numérique digne de ce nom d’autres en sont déjà au déploiement de la 5 G et de la construction d’une ville connectée !  Les efforts déployés par le Gouvernement et par notre majorité sur la question de la couverture numérique du territoire sont sans précédent. Il nous faut, en effet, rattraper à marche forcée plus de 15 ans de retard. 


Regardons les chiffres, avant 2018, 600 pylônes ont été inaugurés en zone blanches. Dans les 2 ans qui viennent, chaque semaine ce sont 60 pylônes en zones blanches qui devraient être inaugurés, grâce à un accord entre le gouvernement, l'ARCEP et les opérateurs. C’est un effort, qui en termes de couverture numérique des territoires, est sans pareil. Ce même effort est entrepris pour le déploiement de la fibre. 240 millions dans le plan de relance sont d’ailleurs consacrés à ce déploiement. On devrait atteindre 100 % fibre à l’horizon de 2025. 


Ces efforts pour la couverture numérique doivent donc s’accompagner de mesures de sensibilisation et de pédagogie aux risques cyber. C’est pourquoi, l'État, dans le cadre de France relance, va financer 4000 conseillers qui travailleront pour le compte des collectivités ou de structures locales privées à la formation des publics rencontrant des difficultés dans l'usage du numérique. Un formidable levier au service aussi  de la cybersécurité !

 

Que doit proposer l’INCRT pour accompagner les territoires dans ce défi, désormais presque quotidien ?

Dans un mode connecté, il est primordial d’établir une relation de confiance entre des victimes plus ou moins honteuses et les services mais aussi de sensibiliser continuellement les usagers. Le triptyque sur lequel repose l’INCRT, à savoir, réfléchir avec et pour les territoires, sensibiliser les différents acteurs des territoires et mutualiser les moyens humains et techniques, semble des plus approprié pour répondre aux enjeux que doivent relever élus, collectivités locales et administration dans la transformation numérique portée par l’Etat et les risques qui en découlent en matière de sécurité.


L’INCRT peut aussi inscrire son action dans le cadre de la stratégie nationale de lutte contre la fracture numérique, mise en place depuis plus de 18 mois par l’Etat, les collectivités territoriales et les acteurs de l’inclusion numérique. Mais aussi aux côtés de partenaires comme cybermalveillance.com


Sensibiliser, convaincre et former, tel pourrait se résumer votre défi. Même s’il est de notre devoir à tous de rester vigilants et d’adopter les bonnes pratiques !

AGORA CYBER: AYMAR de GERMAY AGORA CYBER: ALEXANDRE PAPAEMMANUEL