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AGORA DU FIC: Quelles priorités pour la prochaine Présidence française de l’UE ?

08/04/2021

AGORA DU FIC: Quelles priorités pour la prochaine Présidence française de l’UE ?

S'est tenu le 25 Mars dernier, l'excellente Agora du FIC dont notre Président, le Général Marc WATIN-AUGOUARD est le fondateur. Nous diffusons, ici, un résumé bref de cet évènement.

Agora FIC – Cybersécurité et espace numérique, quelles priorités pour la prochaine Présidence française de l’UE ? – 25 mars 2021


Selon le général Marc Watin-Angouard, l’Union européenne (UE) a joué un rôle essentiel dans la montée en puissance de la protection des personnes physiques et morales, en mettant en place une stratégie de cybersécurité à travers, entre autres, la directive NIS et le Cybersecurity Act de 2019. La France prendra la présidence de l’UE le 1er janvier 2022, et sa stratégie devra alors s’inscrire dans la continuité des autres présidences.


Table-ronde n°1 : Un bouclier cyber-européen au service de la « relance »
Thomas Courbe (Directeur général de la Direction Générale des entreprises – DGE), Anne Tricaud (Cheffe de la division coordination internationale de l'ANSSI), Mireille Clapot (Députée de la Drôme, Commission Supérieure du Numérique et des Postes), Evangelos Ouzounis (Responsable du développement à l'ENISA)

 

« Dans un monde où la paix dans l’espace numérique n’a pas encore été établie à l’échelle de l’ONU, nous, à l’échelle européenne, serons ces artisans de paix » (Général Watin-Angouard).

 

La cybersécurité est à la fois un enjeu de puissance pour l’Europe, un facteur de résilience pour le tissu économique, un facteur de croissance pour les entreprises, et un enjeu démocratique pour la société. Il faut penser sécurité par conception, et la problématique de la ressource humaine est essentielle au bon développement d’un cyber-bouclier européen.

De nombreuses avancées ont vu le jour au niveau européen (directive NIS, ENISA, CERT-UE, groupes de travail, entrainements), et l’UE doit à présent travailler au renforcement des outils existants et à l’amélioration de la complémentarité entre les secteurs public et privé (une feuille de route des technologies clés pour la souveraineté européenne va être établie). 
La question de la synergie entre les actions nationales et européennes doit également être examinée, de même que la cybersécurité des institutions européennes elles-mêmes – un sujet encore peu abordé.


Enfin, la solidarité européenne reste à approfondir ; pour Anne Tricaud, ce sera un sujet phare de la présidence française de l’UE.

 

En France, la stratégie d’accélération cyber, présentée dans le cadre du plan de relance, a trois objectifs : tripler le chiffre d’affaires de la filière, doubler le nombre d’emplois, et faire émerger trois licornes françaises. 


Cette stratégie se traduit par cinq axes : 
-    Le soutien de l’offre, à la fois française et européenne ;
-    Le renforcement des liens et des synergies entre acteurs (cyber-campus, incubateur, etc) ;
-    Le soutien de la demande, avec un effort particulier sur les hôpitaux, collectivités locales et PME/TPE ;
-    Le développement de formations ;
-    Le soutien en fonds propres.

 

L’ANSSI et l’ENISA sont deux acteurs centraux dans le développement de ce cyber-bouclier européen :
•    L’ANSSI a trois missions principales : élever le niveau de cybersécurité en France et au niveau européen, défendre les systèmes d’information, et développer une culture de cybersécurité en France et en Europe.
•    L’ENISA, en tant qu’agence de cybersécurité de l’UE, aide les Etats membres et le secteur privé en matière de cybersécurité. Elle facilite également la coopération entre Etats-membres.

 

Selon Evangelos Ouzounis, la présidence française sera un « moment historique pour la cybersécurité ». 

 

Table-ronde n°2 : Le modèle numérique européen, « clé de l’appartenance »
Colonel Eric Freyssinet (Chef du pôle national de lutte contre les cyber-menaces), Henri d'Agrain (Délégué général du CIGREF), Wolfgang Kopf (Senior vice president chez Deutsche Telekom et travaille sur Gaia-X), Catherine Morin-Desailly (Sénatrice de la Seine-Maritime), Valérie Peneau (Directrice du programme interministériel France Identité Numérique)

 

  Pour construire le modèle numérique européen, des outils de coopération ainsi qu’une plus grande mobilisation des acteurs sont nécessaires.

 

En France, les enjeux d’identité numérique sont portés par le programme interministériel Identité Numérique, qui a pour objet de développer des solutions d’identification et authentification sécurisées, notamment avec la carte d’identité électronique. Ce projet s’inscrit dans le règlement européen EIDAS de 2014, qui pose un cadre structurant pour les garanties. Il faut toutefois trouver un équilibre entre les solutions européennes et françaises.

 

La confiance dans le numérique repose sur 3 piliers : la sécurité des produits sur l’ensemble de leur cycle de vie, l’immunité de ces solutions à des législations extra-européennes, et des pratiques commerciales et contractuelles loyales. Par ailleurs, la confiance en l’Etat et les institutions nationales et européennes en matière d’identité numérique est primordiale, or les situations divergent d’un Etat à l’autre.


Dans ce cadre, le cloud européen occupe une place particulière, car c’est ce domaine technologique qui commande toutes les autres technologies en cours de développement ; il est donc indispensable pour l’autonomie de l’Europe de disposer de solutions cloud de confiance.

 

Enfin, les deux sujets majeurs sur lesquels l’Europe doit progresser sont la sécurité des produits et services numériques, et les régulations qui doivent permettre de construire une industrie européenne autonome, avec le cloud en priorité.


Selon le général Watin-Angouard, « le modèle numérique européen doit être protecteur du plus petit et du plus faible », car les entreprises auront confiance dans l’Union lorsqu’elles se sentiront protégées. De plus, l’équilibre entre sécurité et liberté ne doit pas être oublié dans la construction du modèle européen.

 

Table-ronde n°3 : « L’Europe puissance » à l’épreuve du numérique
Général Didier Tisseyre (Commandant de la Cyberdéfense – ComCyber), Annegret Bendiek (Directrice adjointe de la recherche du think-tank SWP), Marwan Lahoud (Président du directoire de ACE Management, Associé de Tikehau Capital, Institut Montaigne), Paul Zajac (Directeur affaires stratégiques et cybersécurité au Ministère de l’Europe et des Affaires étrangères), Olli Ruutu (Directeur général adjoint de l’Agence européenne de défense)

 

Les priorités européennes en matière de numérique doivent être les suivantes : la définition d’une approche commune sur la souveraineté numérique, le développement de capacités et technologies (à travers une base industrielle et technologique de défense européenne), et la résilience des systèmes. Les synergies doivent être exploitées, et la solidarité renforcée – la concurrence est encore trop importante entre Etats membres.

 

Le principal défi de la présidence française de l’UE consistera à combiner la souveraineté numérique européenne avec la perspective et les atouts français. Il est également attendu que les cinq projets de la Commission européenne soient conclus, et qu’une certain agilité soit introduite dans le système. Enfin, une forte relation avec l’OTAN est nécessaire, afin de continuer à travailler avec le Royaume-Uni après le Brexit.

 

À la question « Un objectif que vous espérez voir accompli à l’issue de la présidence française », les intervenants ont répondu : l’exploitation complète de l’aspect opérationnel de la cyberdéfense, des avancées sur les synergies entre acteurs, une Europe plus forte, 20% de solutions européennes supplémentaires mises en œuvre en Europe, et le renforcement de la solidarité européenne face aux cyber-crises et de la capacité à modifier collectivement l’équilibre des forces.


L’Europe doit être une puissance de proposition entre la Chine et les Etats-Unis, pour proposer une troisième voie.

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